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Portrait de membre : Amandine TILMAN psychologue itinérante en ruralité



psychologue itinérante en ruralité - coworking
portrait membre du coworking La Réussite est dans le Pré

Bonjour Amandine, tu utilises ponctuellement la salle d’entretien de Beaune, peux-tu te présenter ?

Je suis Amandine TILMAN (prononcez EN), 34 ans et maman de deux enfants. Je suis psychologue diplômée en 2012 à l’Université de Bourgogne, master de Psychologie clinique et Psychopathologie.


Tu nous expliques ce que cache ce s termes ?

Cela veut dire que je suis psychologue clinicienne, formée à l’écoute, l’accompagnement et l’aide pour des personnes en souffrance, présentant des troubles moraux ou psychiques, ponctuels ou chroniques. Les personnes bénéficiant d’une thérapie (quelle soit courte ou longue) peuvent avoir des difficultés diverses (angoisses, séparation douloureuse, deuil difficile, douleurs chroniques, maladies somatiques comme le cancer, le diabète ; des douleurs chroniques ou des troubles psychosomatiques qui ne disparaissent pas même avec la prise de médicaments, des peurs irrationnelles, des difficultés à contrôler son rapport à la nourriture…). Il y a autant de profils que de personnes en souffrance.

Le traitement se fait par la parole, qui a un pouvoir libérateur : la personne va parler de ses émotions, de son vécu, de ses représentations et ensemble nous allons comprendre sa réalité psychique et défaire ainsi les nœuds, les conflits intérieurs.

Contrairement aux médecins psychiatres, le psychologue ne réalise pas de prescriptions médicamenteuses.

Mon métier ne s’apparente pas non plus à du coaching : le mot psychologie vient du grec « psyché » qui signifie « l’âme » et de « logos » qui renvoie à « l’étude », « la parole » et le « discours », c’est donc la « science de l’âme ». Le psychologue peut accompagner toutes les personnes en souffrance dans leur for intérieur et qui ont besoin de trouver de l’apaisement.


Tu as un parcours un peu atypique :

J’ai effectivement un parcours professionnel éclectique : j’ai réalisé tous mes stages durant mon cursus universitaire dans le secteur de la protection de l’enfance et l’adolescence, puis de la petite enfance en difficulté moteur et/ou psychique et enfin, dans un service de cancérologie. Ces stages ont été extrêmement formateur et j’ai ainsi pu acquérir de nombreuses connaissances dans le domaine du handicap, de la protection des mineurs, de l’enfance et adolescence en souffrance, mais également des compétences dans l’accompagnement et le soutien de personnes malades du cancer, soutien aux aidants, et parfois malheureusement, accompagnement de la fin de vie, pour la personne mais aussi pour les proches.


Ensuite j’ai travaillé 6 années à l’hôpital de Vitteaux dans divers services : en Foyer d’Accueil Médicalisé auprès d’adultes porteurs d’un handicap psychique, en service de médecine, en gérontologie et en consultations externes accueillant la population locale. Le contexte de l’hôpital devenant pesant j’ai eu besoin de découvrir d’autres horizons. C’est vers l’administration pénitentiaire que je me suis tournée et plus précisément la Mission de Lutte contre la Radicalisation Violente (MLRV).

J’ai pu observer et accompagner tout le champ des problématiques familiales, car souvent on constate que des problématiques familiales (non-dits, secrets de famille, …) ou des problématiques d’enracinement sont à l’origine d’un mal-être exprimé ensuite par la violence.

Durant 3 ans, j’ai trouvé ça passionnant, j’étais mordue mais la vie personnelle et familiale m’a obligée à me sédentariser (j’intervenais dans toutes les détentions et les SPIP, de Belfort à Nevers en passant par Macon).

Les feux sont progressivement devenus verts pour un projet libéral. Ce projet est né pendant l’année de ma deuxième grossesse et en septembre 2022 je me suis officiellement installée.


Comment le concept d’itinérance est venu ?

Je connais bien le milieu rural et j’avais cette volonté d’aller vers les personnes les plus empêchées. Dans mon parcours, j’ai souvent rencontré des familles naturellement plus isolées (socialement, géographiquement,…) ou plus en difficultés dans la gestion du quotidien (des femmes qui vivent des grossesses à risque et qui ne doivent pas se mouvoir, des parents d’enfant porteur d’un handicap psychique ou physique par exemple pour qui l’organisation pour assurer un RDV est beaucoup plus complexe car il faut assurer le transport, tous les transferts, les temps d’attente…). Les consultations se déroulent au domicile, ce qui est plus facilitant sur le plan organisationnel pour beaucoup d’entre nous. L’entrée directe dans l’intimité du patient favorise parfois une mise au travail plus évidente de la problématique psychique de la personne, qu’en cabinet, car le domicile est chargé de symboliques.

En une journée je rencontre entre 1 et 5 patients, alors qu’en cabinet un psychologue peut facilement voir entre 8 et 10 patients.


Quel secteur couvres tu ?

J’exerce sur le croissant Pouilly-en-auxois / Bligny-sur-Ouche / Beaune, et je traite avec des patients d’une typologie très variée : du nourrisson (voire femme enceinte) à la personne âgée.


Mais si l’itinérance et le domicile, pourquoi le coworking ?

L’itinérance a aussi ses limites. Mon objectif est de m’adapter au mieux à la vie et aux problématiques des patients. L’espace de coworking est adapté pour sortir certains patients de leur domicile quand il y a des problématiques familiales à la maison par exemple, ou quand il y a une charge émotionnelle trop forte et qu’on ne veut pas ramener « ça » à la maison.

Prendre un cabinet serait lourd et limitant dans ma conception de l’itinérance, car le partage d’un local contraint à avoir un jour fixe dans ce local. Grâce au système de plateforme, je choisis le jour et le créneau qui nous conviennent, au patient et à moi.


Des projets dont tu voudrais nous faire part ?

J’ai des projets de groupes de parole que j’aimerais développer : un groupe pour des auteurs de violences, car les groupes existent mais généralement pour les victimes ! et c’est primordiale !!! .

A Dijon et Chalon, il y a des groupes proposés, souvent mise en place avec le système judiciaire, dans le cadre de l’obligation de soin par exemple. L’accompagnement des auteurs, en souffrance aussi dans leur gestion des émotions et dans le rapport conflictuel à l’autre, est à mon sens une priorité également.

Je réfléchis aussi à un second groupe, sur la thématique de la parentalité, principalement axé sur les difficultés de l’éducation, les parentalités difficilement construites pour diverses raisons… Ce n’est pas si simple de construire le lien.

La législation dit ce que les parents n’ont pas le droit de faire (la fessée, les sanctions…), mais face aux comportements de certains enfants, les parents sont parfois perdus, seuls et sans réelles réponses et solutions pour accompagner leur enfant sereinement dans les apprentissages, l’épanouissement et la gestion des émotions. Il s’agirait de ramener le curseur au bon endroit, mettre du sens sur certains comportements de l’enfant, apporter des connaissances sur le fonctionnement d’un enfant via la psychologie de l’enfant et ramener le cadre du rôle parental sans passer par la violence physique et verbale.


Tu fais donc le choix d’une baisse de ressource pour une qualité de travail

Je gagne en qualité au travail. Ma charge mentale est plus légère car j’organise mon temps comme je le veux. Le patient est donc aussi gagnant car mon attention et mon écoute sont disponibles entièrement.

C’est aussi une philosophie de vie : mon mari et moi menons une vie simple. La réussite ne passe par pour moi par l’objectif accompli « d’être millionnaire ». Mon objectif dans mon installation en libéral, n’est pas financier. Il reste d’accompagner et d’aider au mieux l’autre en souffrance.


Pour finir, tu pourrais nous parler de Roses des Vignes ?

Avec grand plaisir ! Après l’aventure des « Beaun’et R’osent » (18 beaunoises parties en 2022), nous étions plusieurs à vouloir vivre aussi l’expérience en 2023. Finalement, après de nombreux échanges, nous attendions une 6ième personne pour former 2 équipes de 3 femmes. Nous étions 3 à être sûres de nous engager dans l’aventure. Le 11 décembre 2022, une de nous trois réserve 3 places et le 12 décembre, les inscriptions étaient clôturées. Un vrai coup de chance !

Nous sommes donc les Roses des Vignes et nous partons vivre un trek du 26 au 31 octobre 2023 dans le désert de Merzouga dans le sud marocain. C’est un trek 100% féminin, solidaire et eco-responsable (nous ramassons les déchets trouvés dans le désert durant notre parcours). Ce trek d’orientation se parcourt à pied et à la boussole. Nous allons parcourir entre 20-25 kms par jour pendant 3 jours et le 4ème jour, il n’y a plus d’équipes, mais une grosse équipe de 900 femmes solidaires pour gravir ensemble la dune la plus haute du désert. Nous aidons par ce biais deux associations partenaires de l’évènement : Ruban Rose impliqué dans le dépistage et la lutte contre le cancer du sein, et Enfants du Désert qui favorise l’accès à l’éducation pour les enfants du sud du Maroc et depuis 2018, vient en aide aux femmes du désert dans le besoin. Nous faisons également le choix de soutenir d’autres associations plus locales comme Madicadabra à Bligny-sur-Ouche qui vient en soutien aux familles d’enfants malades.

Pour financer ce beau projet, nous organisons plusieurs actions afin de récolter des fonds et nous recherchons des sponsors pour des dons (achat du matériel/équipement, des billets d’avion, des lots pour notre tombola et loto…).

Vous pouvez retrouver toutes nos actualités et actions sur notre page Facebook-Les Roses des Vignes et sur notre site internet www.lesrosesdesvignes.fr



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